La Banque d’Algérie a officialisé, ce jeudi 17 juillet 2025, la mise en application de la nouvelle allocation touristique de 750 euros par an pour les adultes et 300 euros pour les mineurs entre 12 et 18 ans. Ce dispositif, pris en application d’une décision présidentielle, entrera en vigueur dimanche 20 juillet 2025. Il remplace l’ancien cadre en vigueur depuis 1997.
Après plusieurs mois d’attente, c’est désormais officiel, la nouvelle allocation touristique de 750 euros sera appliquée dès ce dimanche 20 juillet 2025. L’annonce a été faite dans un communiqué publié par la Banque d’Algérie, jeudi soir, relayé par l’APS. Cette mesure vient concrétiser une décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer le pouvoir d’achat des voyageurs algériens et à moderniser le dispositif d’accès aux devises étrangères pour les séjours personnels. L’instruction réglementaire, signée par le Gouverneur Salah Eddine Taleb, fixe les modalités d’obtention de ce droit de change, qui concerne exclusivement les citoyens algériens résidents souhaitant se rendre à l’étranger pour une durée minimale de sept jours.
Le nouveau cadre réglementaire pour l’allocation touristique de 750 euros
D’après le communiqué officiel de la Banque d’Algérie, cette réforme est encadrée par l’instruction n° 05-2025, signée par le Gouverneur Salah Eddine Taleb, et prise en application des articles 21 et 77 du règlement 07-01 du 3 février 2007 (modifié). Elle abroge toutes les dispositions contraires, notamment l’ancienne instruction n° 08-97 du 28 août 1997.
Le texte précise que le droit de change sera attribué une fois par an, sur justificatif d’un séjour à l’étranger de sept jours minimum, à des ressortissants algériens résidant sur le territoire national. Le montant est libéré exclusivement au bénéficiaire, sur présentation d’un dossier complet.
Parmi les pièces exigées, un passeport en cours de validité, un titre de transport aller-retour (ou quittance en cas de voyage terrestre), et, le cas échéant, un visa valide. Le règlement du montant en dinars s’effectue trois jours ouvrés avant la date du voyage, sur la base du taux de change manuel de vente du jour de l’opération.
Modalités de délivrance et contrôles renforcés
La remise en main propre des devises se fera aux points de sortie du territoire, aéroports, postes frontaliers terrestres ou ports. Le voyageur devra présenter le reçu de versement, le passeport, ainsi que la carte d’embarquement ou justificatif de sortie.
Toute tentative de contournement ou de non-respect des critères fera l’objet de sanctions strictes. En cas d’annulation du voyage ou de séjour inférieur à sept jours, le bénéficiaire devra restituer l’intégralité des devises perçues dans un délai de cinq jours ouvrés après son retour. En cas de manquement, la personne concernée s’expose à une suspension de son droit de change pour cinq ans, ainsi qu’à d’éventuelles poursuites pénales, comme le prévoit la réglementation des changes.
Les banques auront également l’obligation de vérifier si le demandeur n’a pas déjà bénéficié d’un droit de change au cours des douze mois précédents, et si le précédent séjour a bien eu lieu.
Une réforme pensée pour la transparence et la maîtrise des flux en devises
Cette réforme s’inscrit dans une volonté claire des autorités monétaires de reprendre le contrôle sur la circulation des devises, dans un contexte où le marché informel du change continue de prospérer, atteignant parfois des écarts de 60 à 70 % par rapport au taux officiel. Depuis 1997, l’allocation touristique était plafonnée à 15 000 dinars, soit environ 90 à 100 euros au taux officiel, un montant resté inchangé malgré l’inflation et la dépréciation progressive du dinar. Jugée symbolique, elle poussait une majorité de voyageurs à se tourner vers le square Port Saïd ou d’autres circuits informels pour se procurer leurs devises.
En la revalorisant à 750 euros par an pour les adultes, l’État cherche à offrir un accès plus réaliste aux devises tout en le régulant strictement. Cette somme reste modeste au regard des allocations touristiques pratiquées dans d’autres pays, comme le Maroc (environ 4 000 euros par an) ou la Tunisie (6 000 dinars tunisiens, soit 1 800 euros), mais elle marque une inflection notable dans la politique de change algérienne, longtemps rigide.
La Banque d’Algérie insiste sur une traçabilité totale, tout versement est conditionné à un dossier complet, vérification de la non-utilisation du droit l’année précédente, et restitution des montants en cas de non-respect des conditions (annulation ou séjour inférieur à 7 jours). Le but affiché, empêcher les détournements, la double attribution ou les usages spéculatifs.
En parallèle, la réforme vise à fluidifier les démarches pour les usagers, avec des procédures unifiées dans les banques commerciales et les succursales de la Banque d’Algérie, ainsi qu’une coordination renforcée avec les services de contrôle aux frontières.

A retenir :
- Montant de l’allocation touristique : 750 € par adulte / 300 € par mineur de 12 à 18 ans (max. 2 enfants)
- Entrée en vigueur : dimanche 20 juillet 2025
- Conditions : voyage de 7 jours minimum, une fois par an, dossier complet exigé
- Sanctions : remboursement obligatoire si voyage annulé ou écourté, suspension possible de 5 ans
Cette nouvelle allocation touristique marque une étape importante dans l’actualisation de la politique de change en Algérie. Si elle est perçue comme un geste positif par une partie de l’opinion, son impact réel dépendra de la clarté de sa mise en œuvre, la fluidité des opérations et la rigueur des contrôles. En pleine saison estivale, les regards se tourneront vers les premières applications pratiques dès le 20 juillet, dans les agences et aux frontières.