Fekir en équipe d’Algérie ? Le débat revient sur le devant de la scène après une déclaration sans détour de Nabil Djellit. Selon le journaliste, l’international français aurait initialement opté pour l’Algérie avant de changer de camp sous pression. Un choix qui, des années plus tard, suscite encore interrogations, regrets et frustrations au sein de la communauté algérienne.
La carrière internationale de Nabil Fekir est indissociable de cette fameuse bascule entre l’Algérie et la France. Né à Lyon de parents algériens, le milieu offensif semblait, dans un premier temps, se diriger naturellement vers les Fennecs. En mars 2015, plusieurs médias annonçaient son engagement pour l’Algérie. Mais en l’espace de quelques heures, l’annonce est contredite, Fekir choisit finalement les Bleus.
Une volte-face rapide, qui à l’époque avait déçu une partie du public algérien. Pourtant, le joueur justifiait son choix par des raisons sportives, sans jamais renier ses origines. Huit ans plus tard, la version livrée par le journaliste Nabil Djellit jette une lumière différente sur cette décision.
Fekir en équipe d’Algérie : un rêve contrarié ?
Dans une interview accordée récemment au média Capté, Djellit a surpris : « Je pense que le seul qui a fait un choix à contre-cœur, c’est Nabil Fekir. À 14h, il jouait pour l’Algérie, et à 16h, il rebascule en équipe de France. » Ces propos relancent le débat sur les coulisses du choix de sélection de certains binationaux.
À l’époque, l’Algérie, sous la houlette de Christian Gourcuff, courtisait activement Fekir. Le sélectionneur français rêvait de l’associer au jeu fluide des Verts. Djellit affirme que Fekir aurait été séduit par cette idée, avant que des pressions n’orientent son choix ailleurs. La Fédération française aurait agi promptement pour le récupérer, avec la promesse d’un avenir en Bleu, ce qui s’est concrétisé par une Coupe du monde remportée en 2018.
Les conséquences d’un choix « forcé » ?
Pour le journaliste, les sélections nationales se jouent parfois sur des dynamiques injustes. « On oublie que ce sont de jeunes adultes, dit-il. On leur met une pression énorme… parfois avec des sous-entendus très clairs. » Il dénonce les logiques politiques, médiatiques et même économiques qui peuvent peser lourd dans la balance.
Fekir n’a jamais publiquement exprimé de regret. Mais dans les cercles de fans algériens, notamment sur les réseaux sociaux, son nom reste évoqué avec une certaine nostalgie. Pour beaucoup, il incarne ce joueur talentueux qui aurait pu faire briller les Verts sur la scène internationale.
Le cas Fekir est loin d’être isolé. Ces dernières années, plusieurs binationaux ont été confrontés à ce même dilemme : Amine Gouiri, Houssem Aouar, Yacine Adli, Rayan Aït-Nouri… Certains ont fini par opter pour l’Algérie, d’autres ont préféré la France. Dans chaque cas, les réactions sont passionnées, entre compréhension et ressentiment.
Sur X (anciennement Twitter), un message largement relayé évoquait ce sentiment d’abandon : « On ne blâme pas Fekir, mais ça fait mal. Il aurait pu être une légende chez nous. À la place, il est un joueur parmi d’autres dans une sélection qui ne l’a jamais vraiment mis en avant. »
Dans une vidéo TikTok virale vue plus de 300 000 fois, un jeune supporter de Béjaïa raconte :« J’ai pleuré quand il a choisi la France. Pas parce qu’il est allé ailleurs, mais parce qu’on sentait qu’il avait envie de jouer pour nous… »
Une blessure qui ressurgit à chaque annonce
L’annonce de Djellit agit comme un catalyseur émotionnel. Elle ravive cette douleur sourde chez de nombreux supporters algériens, persuadés que Fekir aurait pu, avec Mahrez et Brahimi, former un trio d’exception. À une époque où la sélection algérienne brillait en Afrique, sa présence aurait pu ajouter une touche de génie supplémentaire.
Aujourd’hui, même si le joueur est éloigné de l’équipe de France pour raisons médicales et de forme, certains continuent d’espérer un revirement impossible. La naturalisation sportive étant irréversible, Fekir ne pourra plus porter le maillot algérien.
Ce que révèle cette nouvelle sortie médiatique, ce n’est pas seulement l’histoire d’un joueur. C’est aussi celle d’un peuple, d’une diaspora, de jeunes tiraillés entre deux pays, deux cultures, deux passions.
Le nom de Fekir reste inscrit, malgré lui, dans les mémoires algériennes. Pas comme un traître ou un héros, mais comme le symbole d’un espoir déçu. Une page jamais vraiment tournée.