Combien d’euros peut-on réellement transporter lorsqu’on voyage vers ou depuis l’Algérie ? Entre le seuil de déclaration, le plafond autorisé à la sortie et les justificatifs bancaires, la question donne régulièrement lieu à des confusions.
Les textes officiels permettent pourtant de distinguer clairement trois notions : le montant transporté, l’obligation de déclaration et le plafond applicable à la sortie du pays. La règle la plus récente figure dans la loi de finances pour 2026, publiée au Journal officiel du 31 décembre 2025. Son article 129 modifie les dispositions applicables aux voyageurs et précise que toute personne entrant ou sortant du territoire doit déclarer aux Douanes tout montant dépassant 1 000 euros, ou son équivalent dans une autre devise.
Cette obligation ne concerne d’ailleurs pas uniquement les billets en euros ou en dollars. Le texte englobe les billets de banque, pièces de monnaie, moyens de paiement au porteur, effets de commerce, titres négociables ainsi que les métaux précieux et pierres précieuses.
Concrètement, un voyageur transportant 800 ou 1 000 euros ne franchit pas, selon la rédaction actuelle de la loi de finances 2026, le seuil fixé aux montants « dépassant » 1 000 euros. En revanche, à partir d’un montant supérieur à ce seuil, la déclaration devient obligatoire.
| Situation | Règle à retenir |
|---|---|
| Entrée en Algérie avec des devises | L’importation n’est pas plafonnée en montant, mais la déclaration douanière devient obligatoire au-delà du seuil applicable. |
| Déclaration à l’entrée et à la sortie | La loi de finances 2026 impose la déclaration pour tout montant dépassant 1 000 € ou l’équivalent dans une autre devise. |
| Sortie d’Algérie avec des espèces | Plafond de 7 500 € ou équivalent par année civile pour les résidents et non-résidents. |
| Retrait depuis un compte devises en Algérie | Au-delà du seuil de déclaration, un avis de débit bancaire peut être exigé. |
| Somme supérieure à 7 500 € à la sortie | Possible uniquement si elle est couverte par une autorisation de change de la Banque d’Algérie. |
| Voyageur non-résident quittant l’Algérie | Il doit pouvoir justifier les opérations de change effectuées pendant son séjour sur la somme déclarée à l’entrée. |
Peut-on entrer en Algérie avec plus de 7 500 euros ?
Oui, et c’est précisément là qu’une confusion fréquente apparaît. Le plafond de 7 500 euros ne constitue pas un plafond général à l’entrée en Algérie. Le règlement de la Banque d’Algérie encadrant les mouvements de devises autorise l’importation de billets de banque et d’instruments négociables en monnaies librement convertibles sans plafond général, sous réserve de respecter les formalités de déclaration applicables.
Une personne arrivant en Algérie avec 10 000 ou 15 000 euros peut donc le faire légalement à condition de respecter la procédure de déclaration. Et cette déclaration n’est plus nécessairement une démarche faite au dernier moment devant le douanier.
Un arrêté du ministère des Finances publié en 2024 prévoit que la déclaration doit être effectuée principalement par voie électronique avant l’arrivée au bureau des douanes. Une déclaration écrite reste également possible. La procédure doit impérativement être accomplie avant de franchir la zone de contrôle douanier.
La plateforme ALCES des Douanes algériennes permet justement aux voyageurs de réaliser ces démarches en ligne. Les représentations diplomatiques algériennes renvoient officiellement les voyageurs vers ce système.
À la sortie, la règle change : 7 500 euros en espèces
Pour quitter l’Algérie avec des devises, il existe cette fois un plafond précis. Le règlement n°24-05 de la Banque d’Algérie, publié au Journal officiel, autorise les voyageurs résidents et non-résidents sortant d’Algérie à exporter en espèces un maximum de 7 500 euros, ou l’équivalent dans une autre monnaie étrangère, par année civile.
Le même texte prévoit que lorsqu’un retrait effectué sur un compte devises en Algérie dépasse les seuils réglementaires de déclaration, le voyageur doit pouvoir présenter un avis de débit bancaire. Des montants supplémentaires peuvent également être transportés lorsqu’ils sont couverts par une autorisation de change de la Banque d’Algérie.
Il faut donc distinguer clairement : déclarer plus de 1 000 euros n’est pas la même chose que pouvoir sortir jusqu’à 7 500 euros en espèces. La première règle concerne la transparence douanière. La seconde fixe le plafond annuel d’exportation physique de devises.
Cas particulier des Algériens vivant à l’étranger
La loi de finances 2026 apporte également une précision importante pour les non-résidents. Lorsqu’un voyageur non résident quitte l’Algérie, il doit pouvoir présenter un justificatif concernant les opérations de change effectuées pendant son séjour sur tout ou partie de la somme qu’il avait déclarée à son entrée.
Pour un membre de la diaspora arrivant avec une somme importante, conserver la déclaration d’entrée et les justificatifs bancaires n’est donc pas une formalité anodine : ces documents peuvent devenir indispensables au moment du départ.
Trois exemples simples
Un voyageur entre en Algérie avec 900 euros : aucune déclaration n’est imposée par le seuil actuel.
Il arrive avec 5 000 euros : la somme est autorisée, mais elle doit être déclarée.
Il souhaite sortir d’Algérie avec 8 000 euros en espèces sans autorisation particulière de la Banque d’Algérie : il dépasse alors le plafond réglementaire de 7 500 euros par année civile.
Ce sont ces distinctions qui permettent d’éviter la plupart des problèmes. La bonne question n’est donc pas simplement « combien d’euros puis-je avoir sur moi ? », mais plutôt : dois-je déclarer cette somme, puis-je justifier son origine et, si je quitte l’Algérie, respecte-t-elle le plafond d’exportation applicable ?







