Le gouvernement français assure qu’aucun objectif chiffré n’a été fixé concernant les visas accordés aux ressortissants algériens. Cette mise au point intervient après les déclarations de l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, qui avait évoqué un retour à 250 000 visas par an, déclenchant une vive polémique en France.
Les visas France pour les Algériens continuent d’alimenter le débat politique de part et d’autre de la Méditerranée. Alors que les relations diplomatiques entre Paris et Alger connaissent une phase de réchauffement après près de deux années de crise, les déclarations de l’ambassadeur français en Algérie ont suscité de nombreuses réactions.
Jeudi 16 juillet, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a tenu à clarifier sa position. Contrairement aux propos tenus par son ambassadeur, Stéphane Romatet, le Quai d’Orsay affirme qu’aucun objectif de 250 000 visas délivrés chaque année aux ressortissants algériens n’a été arrêté par le gouvernement français.
Le Quai d’Orsay prend ses distances avec les propos de Stéphane Romatet
L’origine de cette polémique remonte au 15 juillet 2026. Dans un entretien accordé au média algérien, Stéphane Romatet expliquait souhaiter un retour progressif au niveau de délivrance des visas observé avant la crise diplomatique entre les deux pays.
L’ambassadeur déclarait vouloir revenir « probablement au niveau antérieur à la crise », soit environ 250 000 visas par an. Il estimait que les citoyens algériens ne devaient pas être pénalisés par les tensions diplomatiques ayant opposé Paris et Alger depuis 2024.
Ses déclarations ont rapidement été interprétées comme l’annonce d’un changement de politique de la France en matière de visas.
Face aux nombreuses réactions, le Quai d’Orsay a publié une mise au point. Le ministère précise que la reprise du dialogue franco-algérien ne comporte aucun engagement chiffré sur les visas et que cette question n’a pas été abordée dans le cadre des discussions diplomatiques engagées entre les deux gouvernements.
Pourquoi le chiffre de 250 000 visas revient-il régulièrement ?
Le chiffre avancé par Stéphane Romatet correspond à une réalité historique. Avant la crise diplomatique déclenchée en 2024, la France délivrait chaque année environ 250 000 visas aux ressortissants algériens, ce qui faisait de l’Algérie l’un des principaux pays bénéficiaires de visas français.
Selon les statistiques du ministère français de l’Intérieur, plusieurs centaines de milliers de demandes étaient déposées chaque année auprès des consulats français d’Alger, d’Oran, d’Annaba et de Constantine.
Cette situation a profondément changé avec la dégradation des relations entre les deux pays. Le rappel de l’ambassadeur français pendant plus d’un an, la réduction des effectifs diplomatiques et consulaires ainsi que le ralentissement de l’activité des services des visas ont entraîné une forte baisse du nombre de visas délivrés.
Le chiffre de 250 000 visas constitue donc une référence aux volumes observés avant la crise, mais ne correspond pas à un objectif officiellement adopté par Paris.
Une déclaration qui relance le débat politique en France
Les propos de Stéphane Romatet ont immédiatement provoqué une vague de réactions dans la classe politique française. Plusieurs responsables de l’opposition ont critiqué l’idée d’un retour rapide aux niveaux de délivrance des visas observés avant la crise diplomatique. Pour eux, toute évolution de la politique des visas devrait être liée à des avancées concrètes dans les relations entre Paris et Alger.
Cette controverse a poussé le ministère des Affaires étrangères à rappeler que la politique française des visas reste déterminée par le gouvernement et non par les déclarations d’un ambassadeur, même si celui-ci représente la France à l’étranger.
Le Quai d’Orsay insiste également sur le fait que les discussions engagées avec l’Algérie visent d’abord à normaliser les relations diplomatiques dans l’intérêt des deux pays.
Les relations France-Algérie poursuivent leur normalisation
Après une période de fortes tensions diplomatiques, plusieurs signes d’apaisement sont apparus ces derniers mois. De retour à Alger au début du mois de mai 2026, Stéphane Romatet a participé aux commémorations des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata du 8 mai 1945, un geste considéré comme un signal d’ouverture envers les autorités algériennes.
Les deux États travaillent désormais à rétablir le fonctionnement normal de leurs représentations diplomatiques et consulaires, dont les effectifs avaient été fortement réduits durant la crise.
Cette normalisation devrait permettre une amélioration progressive des services consulaires, notamment pour les demandes de visas, sans pour autant signifier un retour automatique aux volumes enregistrés avant 2024.
Quel impact pour les demandeurs de visas ?
Pour les milliers d’Algériens qui souhaitent se rendre en France, cette mise au point du Quai d’Orsay ne modifie pas, à ce stade, les conditions d’obtention d’un visa.
Aucun nouveau quota n’a été annoncé et aucune augmentation officielle du nombre de visas délivrés n’a été confirmée. En revanche, la reprise progressive des relations diplomatiques et le renforcement attendu des effectifs consulaires pourraient contribuer à fluidifier le traitement des demandes dans les prochains mois.
Les candidats à un visa devront donc continuer à suivre les annonces officielles des autorités françaises. Si le dialogue entre Paris et Alger semble désormais engagé sur une voie plus apaisée, la question des visas France pour les Algériens demeure un dossier sensible, étroitement lié à l’évolution des relations politiques entre les deux pays.







