L’Espagne poursuit l’un des plus importants programmes de régularisation de migrants en Europe. Au début du mois de juillet 2026, plus de 600 000 sans-papiers régularisés en Espagne avaient déjà obtenu un permis de séjour temporaire, selon les derniers chiffres communiqués par le ministère espagnol de l’Intérieur.
Lancée au printemps 2026 par le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez, cette mesure vise à intégrer des centaines de milliers d’étrangers vivant déjà sur le territoire espagnol, tout en répondant aux besoins du marché du travail.
Plus de 600 000 sans-papiers régularisés en Espagne
Au 2 juillet 2026, les autorités espagnoles avaient délivré 609 737 permis de résidence et de travail temporaires. Ce chiffre représente un peu plus de la moitié des 1 174 978 demandes déposées depuis l’ouverture du programme en avril.
Le succès de cette campagne dépasse largement les attentes du gouvernement. Madrid prévoyait initialement d’accorder environ 500 000 régularisations, mais le nombre de dossiers déposés a été plus de deux fois supérieur aux estimations.
Les bénéficiaires reçoivent un permis de séjour valable un an, renouvelable sous certaines conditions. Ils peuvent également travailler légalement, accéder au système de santé et voient les éventuelles procédures d’expulsion suspendues.
Qui sont les bénéficiaires de cette régularisation ?
Les données du ministère de l’Intérieur montrent que 67 % des demandeurs sont originaires d’Amérique latine. La Colombie arrive en tête avec près de 26 % des demandes, devant le Maroc (13,3 %) et le Venezuela (11,8 %). Pour bénéficier de cette mesure, les candidats devaient notamment prouver une présence continue d’au moins cinq mois en Espagne et présenter un casier judiciaire vierge.
Cette opération de régularisation a été lancée après l’adoption d’un décret royal le 27 janvier 2026, les demandes ayant commencé à être enregistrées à partir du 14 avril.
Une réponse aux besoins de l’économie espagnole
Le gouvernement de Pedro Sánchez défend cette politique en mettant en avant les défis démographiques auxquels fait face l’Espagne. Le pays compte près de 48 millions d’habitants, mais affiche l’un des taux de natalité les plus faibles d’Europe et une population vieillissante.
L’exécutif estime que de nombreux migrants travaillent déjà dans des secteurs confrontés à des pénuries de main-d’œuvre, comme l’agriculture, le bâtiment, l’hôtellerie-restauration ou les services à la personne. Leur régularisation permet de lutter contre le travail dissimulé tout en augmentant le nombre de cotisants à la Sécurité sociale.
Les premiers effets sont déjà visibles. Au début du mois de juillet, 159 097 personnes régularisées étaient officiellement affiliées à la Sécurité sociale espagnole.
Alors que plusieurs pays européens durcissent leurs politiques migratoires, l’Espagne fait le choix d’une stratégie différente en misant sur l’intégration de personnes déjà installées sur son territoire. Les autorités poursuivent désormais l’examen des centaines de milliers de dossiers encore en attente, ce qui pourrait porter le nombre total de sans-papiers régularisés en Espagne à un niveau encore inédit dans les prochains mois.







