Les voyageurs qui entrent ou quittent l’Algérie devront désormais se conformer à de nouvelles règles concernant la déclaration des devises. Un arrêté du ministère des Finances, publié dans le Journal officiel n°51, modifie les modalités de déclaration des fonds transportés aux frontières.
L’objectif est de renforcer les contrôles tout en modernisant les procédures grâce à la dématérialisation. Ces changements concernent aussi bien les résidents que les non-résidents et s’inscrivent dans le cadre du renforcement de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Une nouvelle procédure pour la déclaration douanière en Algérie
Le nouveau dispositif est prévu par un arrêté signé le 12 mai 2026 par le ministre des Finances, modifiant et complétant les dispositions fixant les modalités de déclaration des devises par les voyageurs. Désormais, la déclaration douanière en Algérie devra obligatoirement être effectuée par écrit, lors de l’entrée ou de la sortie du territoire national, auprès du bureau des douanes compétent.
Les services des douanes mettront à la disposition des voyageurs un formulaire officiel qui devra être soigneusement rempli, signé puis enregistré par les agents chargés du contrôle.
La principale nouveauté réside toutefois dans la possibilité de réaliser cette déclaration par voie électronique avant l’arrivée au poste frontalier. Cette procédure vise à réduire le temps d’attente aux points de passage et à améliorer le traitement des informations par l’administration douanière.
Quels biens doivent désormais être déclarés ?
Contrairement à une idée reçue, les nouvelles règles ne concernent pas uniquement les billets en euros ou en dollars. Selon l’arrêté publié au Journal officiel, la déclaration porte notamment sur :
- les billets de banque en dinars ou en devises étrangères ;
- les pièces de monnaie ;
- les moyens de paiement au porteur ;
- les effets de commerce ;
- les titres et valeurs négociables ;
- les métaux précieux, notamment l’or ;
- les pierres précieuses.
Cette extension permet aux autorités de mieux suivre les mouvements de valeurs transportées par les voyageurs.
Les voyageurs non-résidents soumis à de nouvelles obligations
Le texte prévoit également des dispositions spécifiques pour les voyageurs non-résidents. Lorsqu’ils quittent l’Algérie avec des devises qu’ils avaient introduites sur le territoire sans les avoir entièrement utilisées, ils devront présenter plusieurs justificatifs aux services des douanes.
Ils devront notamment produire :
- la déclaration de devises effectuée lors de leur entrée en Algérie ;
- un document portant le visa d’une agence de la Banque d’Algérie, d’une banque intermédiaire agréée ou d’un bureau de change attestant des opérations de change réalisées durant leur séjour.
Cette exigence permettra aux autorités de vérifier l’origine des sommes exportées et leur conformité avec les opérations réalisées pendant le séjour.
Les douanes pourront vérifier l’origine des fonds
Le nouveau texte renforce également les pouvoirs des agents des douanes. Ces derniers pourront demander aux voyageurs toute information ou tout document permettant de justifier :
- la provenance des fonds transportés ;
- leur destination ;
- l’identité du bénéficiaire réel des sommes déclarées.
Ces contrôles répondent aux recommandations internationales visant à renforcer la transparence des mouvements transfrontaliers de capitaux.
Une base de données pour centraliser toutes les déclarations
L’arrêté prévoit également la création d’une base de données regroupant toutes les déclarations effectuées par les voyageurs. Cette base comprendra notamment :
- l’identité complète du voyageur ;
- son adresse en Algérie ou à l’étranger ;
- les références de son passeport ou de son document de voyage ;
- les montants déclarés ;
- le lieu de départ et la destination ;
- l’origine et la destination des fonds transportés ;
- l’identité du bénéficiaire réel.
Les cas de fausses déclarations, de défaut de déclaration ou de non-respect des obligations légales seront également enregistrés dans cette base.
Des échanges d’informations avec les organismes de lutte contre le blanchiment
Le texte précise enfin que ces informations pourront être partagées dans le cadre de la coopération nationale et internationale. Les données relatives aux déclarations de devises, aux déclarations inexactes ou aux infractions seront notamment transmises à l’organisme national spécialisé dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Cette coopération permettra de renforcer la surveillance des flux financiers tout en répondant aux standards internationaux en matière de transparence financière.
Ce que ces nouvelles règles changent concrètement pour les voyageurs
Pour les personnes qui voyagent régulièrement entre l’Algérie et l’étranger, ces nouvelles dispositions impliquent une préparation plus rigoureuse avant le départ ou à l’arrivée.
Les voyageurs devront désormais anticiper leurs démarches en remplissant leur déclaration avant leur passage à la frontière lorsque la procédure électronique est disponible. Ils devront également conserver les justificatifs liés à leurs opérations de change, en particulier les non-résidents susceptibles de réexporter une partie des devises introduites en Algérie.
Ces mesures ne modifient pas les règles relatives aux montants autorisés à transporter, mais elles renforcent les obligations de déclaration et les moyens de contrôle des autorités douanières. À travers cette réforme, le ministère des Finances entend moderniser les formalités aux frontières tout en améliorant la traçabilité des mouvements de capitaux, conformément aux engagements internationaux de l’Algérie en matière de lutte contre les flux financiers illicites.







