Robert n’a que neuf mois, mais son sort se joue désormais entre l’administration belge, un centre de quarantaine et, éventuellement, un retour vers l’Algérie. Ce chat siamois, acheté 600 euros au printemps, est arrivé en Belgique sans remplir toutes les conditions sanitaires exigées par l’Union européenne. Sa propriétaire tente aujourd’hui d’éviter son renvoi vers son pays d’origine ou, en dernier recours, son euthanasie.
L’histoire commence en mai 2026. Une habitante de Mons, en Wallonie, repère sur les réseaux sociaux une annonce proposant un chaton né en Algérie. Elle verse 600 euros et accueille Robert le 9 mai, après un trajet passant par Marseille avant de rejoindre la Belgique par la route. Elle affirme avoir cru que l’animal était correctement identifié et vacciné. Le problème n’apparaît que plusieurs semaines plus tard.
Un vaccin contre la rage manquant à l’arrivée
Lors d’une consultation vétérinaire en juillet, le praticien vérifie les données liées au chaton et constate que Robert n’était pas valablement vacciné contre la rage lors de son entrée en Belgique. Son passeport algérien ne répondait pas non plus aux exigences sanitaires européennes. Le vétérinaire alerte alors l’AFSCA, l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire. Les règles sont strictes pour les chats venant d’un pays situé hors de l’Union européenne.
Pour entrer légalement en Belgique, un chat doit notamment être identifié par micropuce, être valablement vacciné contre la rage et disposer du certificat sanitaire requis. Lorsque l’animal arrive depuis un pays pour lequel un titrage antirabique est exigé, une analyse de sang doit également démontrer un niveau suffisant d’anticorps. Le prélèvement est réalisé au plus tôt 30 jours après la vaccination et, lorsqu’il est effectué hors de l’Union européenne, un délai de trois mois doit ensuite être respecté avant l’entrée dans l’UE. Le résultat du titrage doit être supérieur à 0,5 UI/ml.
Une quarantaine qui pourrait coûter environ 6 000 euros
Face à la situation de Robert, l’AFSCA n’a pas accepté un simple isolement au domicile de sa propriétaire. Trois possibilités lui ont été présentées : placer le chat dans un centre de quarantaine spécialisé pendant au moins quatre mois, le renvoyer vers l’Algérie ou, si aucune autre solution ne peut être appliquée, procéder à son euthanasie. La première option a un coût particulièrement élevé.
Le prix avancé est d’environ 50 euros par jour. Sur quatre mois, la facture peut ainsi approcher 6 000 euros, soit dix fois le prix d’achat du chaton. Les frais restent à la charge de la propriétaire.
La réglementation belge prévoit effectivement qu’un animal entré sur le territoire sans respecter les obligations liées à la rage puisse être placé en quarantaine, renvoyé vers son pays d’origine ou, lorsque ces solutions ne sont pas possibles, euthanasié. L’objectif affiché est d’éviter l’introduction de la rage, maladie dont la Belgique est officiellement indemne depuis 2001.
La propriétaire saisit le Conseil d’État
La propriétaire de Robert refuse de se résoudre à ces options. Elle a déposé une plainte pour escroquerie contre la vendeuse, estimant que les conditions sanitaires annoncées lors de l’achat n’avaient pas été respectées.
Elle a également saisi le Conseil d’État belge pour tenter de suspendre la décision de l’AFSCA. Elle invoquait notamment le coût de la quarantaine et les conséquences financières qu’elle entraînerait.
Sa demande de suspension a cependant été rejetée fin août 2026. Selon les éléments rapportés par la presse belge, les documents fournis ne permettaient pas d’établir suffisamment le risque financier invoqué. Le sort de Robert n’était toujours pas définitivement fixé au moment de la publication de l’affaire.







