Le drame de l’orphelinat de Mohammadia continue de bouleverser l’Algérie. Deux jours après l’incendie qui a coûté la vie à 11 enfants et fait 19 blessés, une polémique a éclaté autour d’un gala artistique organisé dans la wilaya de Skikda. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent une chanteuse se produisant devant un public, alors que le pays est encore plongé dans le deuil.
Face à l’indignation suscitée par ces vidéos, le ministère de la Culture et des Arts a publié, ce samedi 18 juillet, un communiqué pour démentir toute implication dans l’organisation de cet événement et préciser qu’il s’agissait d’une initiative privée.
Le drame de l’orphelinat plonge l’Algérie dans le deuil
Le jeudi 16 juillet, un violent incendie s’est déclaré à la pouponnière de Mohammadia, dans la banlieue est d’Alger. La catastrophe a coûté la vie à 11 enfants, tandis que 19 autres personnes ont été blessées, dont plusieurs souffrant de brûlures et d’intoxications dues aux fumées.
Selon les premiers éléments communiqués par les autorités, le feu aurait été provoqué par un dysfonctionnement d’un climatiseur avant de se propager rapidement à plusieurs pièces de l’établissement.
Le drame a suscité une immense émotion dans tout le pays. Les messages de condoléances se sont multipliés sur les réseaux sociaux, tandis que plusieurs responsables politiques et institutions ont rendu hommage aux victimes. Les cérémonies d’inhumation se sont déroulées dans une profonde émotion, alimentant un élan national de solidarité envers les familles endeuillées.
Dans la foulée, les autorités ont annoncé l’ouverture d’une enquête afin de déterminer avec précision les circonstances de l’incendie et d’établir d’éventuelles responsabilités.
Un gala à Skikda déclenche une vague d’indignation
Alors que l’émotion reste vive, la diffusion de vidéos montrant un gala organisé dans un établissement hôtelier de Skikda a rapidement provoqué de nombreuses réactions. La chanteuse s’y produisait devant un public, quelques heures seulement après la tragédie. Pour de nombreux internautes, la tenue d’un tel événement dans un contexte de deuil national était inappropriée.
Les critiques ont principalement porté sur le timing de la manifestation plutôt que sur la prestation artistique elle-même. Beaucoup estiment que le report du spectacle aurait constitué un geste de solidarité envers les familles des victimes.
Sur Facebook, X et d’autres plateformes, plusieurs internautes ont accusé les autorités culturelles d’avoir maintenu les festivités malgré le drame. Certains messages appelaient même à des sanctions contre les organisateurs. Cette polémique a rapidement pris de l’ampleur, poussant le ministère de la Culture à réagir publiquement.
Le ministère de la Culture dément toute responsabilité
Dans un communiqué publié samedi, le ministère de la Culture et des Arts affirme que les informations circulant sur les réseaux sociaux sont « dénuées de tout fondement ». Le département ministériel précise que le gala n’a été ni programmé, ni financé, ni autorisé par ses services ou par la Direction de la culture et des arts de la wilaya de Skikda.
Selon le ministère, l’événement relevait exclusivement d’une initiative privée organisée par un établissement hôtelier, lequel assume seul la responsabilité de son organisation. Cette mise au point intervient après que de nombreux internautes eurent directement mis en cause les autorités culturelles dans le maintien de cette soirée.
Toutes les activités culturelles officielles suspendues
Le ministère rappelle qu’immédiatement après le drame de l’orphelinat, une instruction a été adressée à l’ensemble des structures culturelles placées sous sa tutelle. Depuis le jeudi 16 juillet, toutes les manifestations artistiques et culturelles relevant du ministère ont été suspendues ou reportées sur l’ensemble du territoire national.
Selon le communiqué, cette décision vise à respecter le deuil national provoqué par la disparition des onze enfants et à témoigner de la solidarité des institutions culturelles envers leurs familles. Le ministère affirme également que toutes les directions de la culture des différentes wilayas ont appliqué cette instruction.







