CNews a récemment été condamnée à une amende de 100 000 euros par l’Arcom, l’autorité qui régule les médias en France, après la diffusion de séquences jugées discriminatoires à l’égard des Algériens et des Palestiniens. Ces sanctions concernent deux passages de l’émission L’heure des Pros 2 Eté, qui ont fait polémique à l’été 2025.
Le 8 août 2025, Noëlle Lenoir, ancienne ministre déléguée aux Affaires européennes, s’est exprimée sur la question de la rétention des étrangers en situation irrégulière. Lors de cette émission, elle a déclaré que « des millions d’Algériens présentent des risques majeurs » et a associé cette population à des comportements violents dans les espaces publics, comme sortir un couteau dans la rue ou percuter une foule avec une voiture.
Ces propos ont choqué de nombreuses personnes, car ils associent une communauté entière à des comportements criminels sans fondement. L’Arcom a jugé que cette déclaration risquait d’inciter à la discrimination envers les Algériens de France, en véhiculant une image négative et stéréotypée de cette population.
Propos graves contre les Palestiniens
Quelques jours plus tard, le 12 août 2025, la chroniqueuse Françoise Laborde a pris la parole dans la même émission, critiquant les défenseurs des Palestiniens. Elle a fait un parallèle entre la situation des Palestiniens et les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, en Israël. Laborde a qualifié les auteurs de ces attaques de « sauvages » et a généralisé cette image à l’ensemble des Palestiniens, allant jusqu’à les associer à des actes de violence. Là encore, ces propos ont été jugés inacceptables.
L’Arcom a estimé que cette généralisation encourageait une forme de haine envers la communauté palestinienne, en l’associant directement aux attaques terroristes, ce qui est loin de représenter l’ensemble de cette population.
Les sanctions de l’Arcom
En réponse à ces séquences, l’Arcom a imposé une amende à CNews : 25 000 euros pour la séquence du 8 août et 75 000 euros pour celle du 12 août. Le régulateur a précisé que cette décision faisait suite à des avertissements antérieurs adressés à la chaîne, l’invitant à ne pas diffuser de contenus susceptibles d’inciter à la haine ou à la discrimination. L’Arcom a souligné que la responsabilité des médias est cruciale pour éviter la propagation de stéréotypes nuisibles qui alimentent des divisions dans la société.
Cette condamnation intervient dans un contexte déjà tendu pour CNews. La chaîne, qui appartient au groupe Bolloré, fait face à des critiques régulières concernant ses choix éditoriaux. Celles-ci ont été renforcées par des polémiques sur l’animateur Jean-Marc Morandini, condamné pour corruption de mineurs, et le maintien de ce dernier à l’antenne, malgré la controverse. De plus, la journaliste Sonia Mabrouk a quitté la chaîne en raison de cette situation, ce qui a alimenté une crise interne.
CNews est régulièrement accusée de diffuser des discours proches de l’extrême droite, et de favoriser des interventions qui vont à l’encontre des principes de neutralité et de responsabilité dans le traitement de sujets sensibles. Les sanctions de l’Arcom viennent renforcer cette image négative et rappellent l’importance pour les médias de respecter les règles de déontologie.







