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En attente d’un rein, un jeune Algérien craint d’être expulsé de France

Fatiha Lar Par Fatiha Lar
1 juin 2026
Dans Société
0
Akli Chikh allongé sur un lit d’hôpital pendant une séance de dialyse, le bras relié à une machine médicale.

Akli Chikh, jeune Algérien suivi médicalement en France, est sous dialyse alors qu’il attend une greffe de rein.

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À Saint-Malo, en Bretagne, l’histoire d’Akli provoque une vive émotion. Ce jeune Algérien, gravement malade, est sous dialyse plusieurs fois par semaine et attend une greffe de rein. Mais son avenir médical se heurte aujourd’hui à une autre urgence : sa situation administrative en France.

Selon les informations rapportées par Actu.fr, Akli souhaite rester en France pour poursuivre ses soins. Ses soutiens, mobilisés à Saint-Malo, appellent les autorités à faire preuve d’humanité face à un dossier où la question du séjour ne peut être séparée de celle de la santé.

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Un jeune Algérien sous dialyse à Saint-Malo

Akli vit au rythme d’un traitement lourd. Atteint d’une insuffisance rénale sévère, il doit suivre des séances de dialyse régulières, indispensables pour remplacer partiellement le travail des reins. Pour les patients concernés, ce traitement n’est pas une simple formalité médicale : il structure toute la semaine, impose une fatigue permanente et rend toute rupture de prise en charge particulièrement risquée.

Dans le cas d’Akli, l’enjeu est encore plus sensible. Le jeune homme est en attente d’un rein. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de continuer un traitement provisoire, mais de rester inscrit dans un parcours médical complexe, avec un suivi hospitalier, des examens, des rendez-vous et l’espoir d’une greffe.

Ses soutiens à Saint-Malo estiment qu’une expulsion pourrait compromettre cette continuité des soins. Leur appel ne porte donc pas uniquement sur sa situation administrative. Il met en avant une réalité humaine : celle d’un malade dont la vie dépend d’un suivi régulier.

En attente d’un rein, Akli redoute une rupture de soins

La greffe de rein reste l’un des traitements majeurs pour les personnes atteintes d’insuffisance rénale terminale. En France, le rein est l’organe le plus greffé. En 2024, 3 757 greffes rénales ont été réalisées, selon les données publiques liées à l’Agence de la biomédecine. Au total, 22 585 patients étaient en attente d’une greffe d’organe au 1er janvier 2025, dont 11 666 en liste active.

Ces chiffres donnent la mesure de l’attente. Même lorsqu’un patient est suivi, la greffe peut prendre du temps. L’Agence de la biomédecine rappelle également que 852 patients sont décédés en 2024 alors qu’ils étaient inscrits sur liste d’attente, malgré une progression globale de l’activité de greffe en France.

Dans ce contexte, les soutiens d’Akli craignent qu’un départ forcé ne le place dans une situation médicale plus fragile. Une expulsion ne signifierait pas seulement un changement de pays. Elle pourrait bouleverser son suivi, ses rendez-vous, son accès à la dialyse et son parcours vers une éventuelle transplantation.

Expulsion des étrangers malades : un dossier toujours sensible en France

Le cas d’Akli s’inscrit dans un débat plus large sur les étrangers malades en France. Le droit français prévoit des dispositifs spécifiques pour les personnes dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale indispensable. Ces dossiers sont généralement examinés à partir de plusieurs critères : gravité de la maladie, conséquences d’une interruption des soins, disponibilité réelle du traitement dans le pays d’origine et avis médical.

Dans les faits, chaque situation reste très individualisée. C’est ce qui rend ces affaires si sensibles. D’un côté, les préfectures appliquent les règles relatives au séjour des étrangers. De l’autre, les associations rappellent que certaines décisions administratives peuvent avoir des effets lourds sur la santé des personnes concernées.

À Saint-Malo, les soutiens d’Akli ne demandent pas seulement un examen juridique froid du dossier. Ils veulent que son état de santé soit pleinement pris en compte. Leur argument est simple : un patient sous dialyse, en attente d’un rein, ne peut pas être traité comme un dossier ordinaire.

À Saint-Malo, ses soutiens appellent à l’humanité

Autour d’Akli, la mobilisation locale repose sur un mot : humanité. Dans ce type d’affaire, les associations, voisins, proches ou militants cherchent souvent à rendre visible ce que les procédures administratives effacent parfois : un prénom, un visage, une maladie, une vie suspendue à une décision.

Le cas de ce jeune Algérien touche d’autant plus qu’il renvoie à une angoisse très concrète. Être en attente d’un rein, c’est vivre avec l’incertitude. C’est dépendre d’un appel, d’un suivi médical, d’une compatibilité, d’une disponibilité. C’est aussi accepter une fatigue quotidienne, des contraintes lourdes et une forme de vulnérabilité permanente.

Pour ses soutiens, l’expulser reviendrait à ajouter une fragilité administrative à une fragilité médicale déjà immense. Ils demandent donc aux autorités de regarder le dossier au-delà des seuls papiers, en tenant compte de la réalité du traitement et du risque d’interruption des soins.

Une affaire qui relance le débat sur les sans-papiers malades

L’histoire d’Akli intervient alors que la question des sans-papiers malades reste l’un des sujets les plus délicats du débat migratoire en France. Elle oblige à poser une question difficile : comment concilier politique d’éloignement, droit au séjour, santé publique et protection des personnes vulnérables ?

Dans l’opinion, ces dossiers suscitent souvent des réactions opposées. Certains y voient une exception nécessaire pour protéger des vies. D’autres redoutent une remise en cause des règles migratoires. Mais dans le cas d’Akli, ses soutiens veulent recentrer le débat sur une urgence immédiate : celle d’un jeune homme malade, suivi en Bretagne, qui attend une greffe de rein et craint de perdre l’accès à son parcours de soins.

À Saint-Malo, l’affaire n’est donc plus seulement administrative. Elle est devenue humaine, médicale et politique. Akli attend un rein. Ses soutiens, eux, attendent une décision qui tienne compte de cette réalité.

Mots clés : Expulsionsans-papiers algériens en FranceTitre de séjour
Fatiha Lar

Fatiha Lar

Je suis Fatiha, rédactrice chez ViPresse, entre économie, immigration, société et voyages, j’écris pour éclairer, questionner, et parfois déplacer le regard sur l’actualité.

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