La Grande Mosquée de Lyon appliquera, à partir du 1er septembre 2026, un forfait de 75 euros pour l’organisation des prières funéraires. Si la direction assure que le rite religieux reste gratuit, cette décision provoque de nombreuses réactions au sein de la communauté musulmane et relance le débat sur le financement des lieux de culte.
La décision est loin de faire l’unanimité. Dans une note adressée aux pompes funèbres musulmanes, la Grande Mosquée de Lyon annonce qu’une participation financière forfaitaire de 75 euros sera désormais demandée pour chaque organisation de prière funéraire dans ses locaux. Cette mesure entrera en vigueur le 1er septembre 2026.
Selon la direction de l’établissement, cette contribution vise à couvrir une partie des dépenses liées à l’organisation des cérémonies, notamment la mobilisation du personnel, l’entretien des infrastructures, l’accueil des familles, le nettoyage des locaux ainsi que les frais de fonctionnement.
La Grande Mosquée de Lyon se justifie
Face aux nombreuses critiques, la Grande Mosquée de Lyon a publié un communiqué pour préciser la portée de cette nouvelle tarification. Le recteur Kamel Kabtane insiste sur le fait que la Salat al-Janaza (prière funéraire musulmane) demeure entièrement gratuite. Le forfait de 75 euros ne rémunère pas un acte religieux, mais correspond uniquement aux coûts matériels liés à l’organisation des cérémonies.
La direction explique que cette participation permet de financer les services administratifs, l’ouverture et l’entretien de la mosquée, la sécurité des lieux ainsi que l’accueil des proches du défunt.
Une décision dénoncée par des fidèles
Malgré ces explications, l’annonce continue de susciter une vive émotion. L’Union Française des Consommateurs Musulmans (UFCM) a dénoncé une mesure qu’elle juge inadaptée au contexte des familles endeuillées.
Dans un communiqué publié le 12 juillet, l’association estime que ces frais supplémentaires risquent d’être vécus comme « une double peine » pour des proches déjà confrontés aux coûts parfois élevés des funérailles.
L’UFCM rappelle également que les mosquées ont été construites grâce aux dons des fidèles et considère que les services spirituels doivent rester accessibles sans contrepartie financière.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont exprimé leur incompréhension. Certains dénoncent une décision « honteuse », tandis que d’autres espèrent que la Grande Mosquée de Lyon reviendra sur cette mesure avant son entrée en vigueur.
Un débat sur le financement des mosquées
Cette polémique met en lumière les difficultés financières auxquelles sont confrontés de nombreux lieux de culte en France. Les grandes mosquées doivent faire face à des dépenses croissantes liées à l’entretien des bâtiments, aux charges énergétiques, à la sécurité et au personnel, alors que leurs ressources proviennent principalement des dons des fidèles.
Pour la Grande Mosquée de Lyon, le forfait de 75 euros représente une participation aux frais d’organisation et non une facturation de la prière funéraire elle-même. Cette distinction n’a toutefois pas suffi à apaiser les critiques, tant le sujet touche un moment particulièrement sensible pour les familles.
L’entrée en vigueur de cette mesure, prévue le 1er septembre 2026, sera donc suivie de près par les fidèles, les associations musulmanes et les professionnels des pompes funèbres, alors que le débat sur le financement des services proposés par les lieux de culte reste plus que jamais d’actualité.







