Près de trois décennies après son assassinat, Matoub Lounès continue de marquer les esprits. À Pierrefitte-sur-Seine, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a présidé une cérémonie d’hommage en présence de la veuve du chanteur, d’élus et de nombreux citoyens venus saluer la mémoire de cette figure emblématique de la culture amazighe.
La mémoire de Matoub Lounès demeure vivante en France. À l’occasion d’un rassemblement organisé rue Lounès Matoub, à Pierrefitte-sur-Seine, Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, a rendu hommage à l’artiste kabyle assassiné le 25 juin 1998. La cérémonie a réuni des habitants, des représentants de la communauté amazighe ainsi que plusieurs élus locaux.
Matoub Lounès célébré en présence de sa veuve
L’hommage s’est déroulé en présence de Nadia Matoub, veuve du chanteur, ainsi que de Farid Aid, élu délégué à la commune de Pierrefitte-sur-Seine, et des élues Soukouna Bakary et Yasmina Bédar.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Bally Bagayoko a salué la mémoire d’un homme « dont le combat continue d’inspirer bien au-delà de la Kabylie ». Selon l’élu, le choix de donner le nom de Matoub Lounès à une rue constitue un symbole fort pour transmettre aux nouvelles générations les valeurs défendues par le chanteur tout au long de sa vie.
Le maire a rappelé que l’artiste s’était engagé en faveur de la liberté, de la démocratie, de la paix, de la culture amazighe et des droits humains.
Un hommage marqué par le devoir de mémoire
La cérémonie a également été l’occasion de revenir sur les circonstances de la disparition de Matoub Lounès, tué le 25 juin 1998 en Kabylie.
Au cours de son intervention, Nadia Matoub a estimé que toute la vérité n’avait toujours pas été établie sur les circonstances de cet assassinat. Une déclaration qui s’inscrit dans la continuité de son engagement en faveur de la manifestation de la vérité.
Le maire de Saint-Denis a souligné que le devoir de mémoire reste essentiel afin de préserver l’héritage laissé par celui qui demeure l’une des figures les plus marquantes de la chanson engagée en Algérie.
Une figure de la liberté reconnue bien au-delà de la Kabylie
Dans son discours, Bally Bagayoko a présenté Matoub Lounès comme une personnalité dont l’engagement dépasse largement le cadre artistique. Il l’a inscrit parmi les grandes figures ayant consacré leur vie à la défense de la liberté, de la dignité humaine et de la justice, évoquant notamment Nelson Mandela, Malcolm X et Frantz Fanon, chacun dans son contexte historique.
Le maire a également rappelé le jumelage qui unit Saint-Denis, Pierrefitte-sur-Seine et la commune kabyle de Larbaâ Nath Irathen, anciennement Fort-National. Selon lui, ce partenariat repose sur les valeurs d’amitié, de solidarité et d’échanges culturels entre les deux rives de la Méditerranée.
Près de 28 ans après sa disparition, Matoub Lounès continue ainsi d’être honoré en France. Son œuvre musicale, son engagement en faveur de la langue et de la culture amazighes ainsi que son combat pour les libertés fondamentales demeurent une source d’inspiration pour une partie de la diaspora algérienne et pour de nombreux défenseurs des droits humains.






