Les conditions d’accueil de certains voyageurs algériens à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle font une nouvelle fois débat. Dans une publication largement relayée sur Facebook, le réalisateur algérien Bachir Derrais appelle les autorités algériennes à intervenir officiellement auprès de la France afin de mettre fin à ce qu’il considère comme un traitement dégradant infligé à de nombreux passagers.
Chaque année, plusieurs millions de voyageurs empruntent les liaisons aériennes entre l’Algérie et la France, faisant de cet axe l’un des plus fréquentés en Méditerranée. Paris-Charles-de-Gaulle (CDG), premier aéroport français, constitue une plateforme incontournable pour les vols reliant les deux pays.
Pourtant, depuis plusieurs années, des voyageurs algériens dénoncent régulièrement leurs conditions de passage dans cet aéroport, évoquant de longues attentes, des contrôles jugés excessifs ou un manque de considération. La récente prise de parole de Bachir Derrais vient raviver ce débat déjà ancien.
Bachir Derrais appelle à une intervention des autorités algériennes
Dans son message publié sur Facebook, le réalisateur algérien estime que le moment est venu pour l’État algérien d’agir officiellement auprès des autorités françaises.
« Il est temps que l’État algérien intervienne officiellement auprès des autorités françaises pour mettre fin aux conditions de traitement que subissent de nombreux voyageurs algériens, notamment à l’aéroport Charles-de-Gaulle. »
Selon lui, les témoignages faisant état d’un accueil parfois dégradant sont devenus trop nombreux pour être ignorés.
Le cinéaste poursuit en affirmant qu’« aucun passager, quelle que soit sa nationalité, ne devrait avoir le sentiment d’être traité comme du bétail ». Il rappelle également que « le respect de la dignité humaine n’est ni une faveur ni un privilège : c’est un droit ».
Pour Bachir Derrais, les relations entre l’Algérie et la France doivent également se traduire par une protection des citoyens lorsqu’ils franchissent les frontières et utilisent les infrastructures aéroportuaires.

Les voyageurs algériens à l’aéroport Paris-CDG multiplient les témoignages
La publication du réalisateur trouve un écho auprès de nombreux internautes. Sous son message, plusieurs voyageurs racontent des expériences similaires, évoquant des files d’attente particulièrement longues, des contrôles répétés ou encore un accueil qu’ils jugent peu respectueux.
Ces critiques ne sont pas nouvelles. Chaque période de vacances scolaires ou estivales voit réapparaître sur les réseaux sociaux des vidéos et des témoignages de passagers dénonçant leurs conditions de passage à Paris-CDG.
Il convient toutefois de distinguer les procédures de contrôle, qui relèvent des autorités françaises dans le cadre de la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen, de la manière dont ces contrôles sont vécus par certains voyageurs.
Les témoignages partagés ne remettent généralement pas en cause le principe des vérifications de sécurité, mais dénoncent davantage les conditions d’accueil, les délais d’attente ou l’attitude de certains agents.
Une liaison aérienne parmi les plus importantes entre l’Europe et l’Afrique du Nord
La France demeure la première destination aérienne au départ de l’Algérie. Chaque semaine, plusieurs centaines de vols relient Alger, Oran, Constantine, Béjaïa, Sétif ou encore Annaba à Paris, Marseille, Lyon, Toulouse ou Lille.
Paris-Charles-de-Gaulle accueille une part importante de ces passagers grâce aux vols opérés par Air Algérie, Air France, Transavia France, ASL Airlines France et d’autres compagnies desservant les deux pays.
Cette forte fréquentation entraîne naturellement des périodes de saturation, notamment durant les grands départs en vacances. Les autorités aéroportuaires rappellent régulièrement que les temps d’attente peuvent être allongés en raison des contrôles de sécurité et des formalités d’entrée sur le territoire français.
Pour de nombreux voyageurs, ces contraintes deviennent toutefois difficiles à accepter lorsqu’elles s’accompagnent d’un sentiment de manque de respect.
Un débat qui dépasse le cadre de l’aéroport
Au-delà de la seule question des contrôles, les propos de Bachir Derrais mettent en lumière une préoccupation plus large : celle de la dignité des voyageurs.
Le réalisateur estime que les citoyens algériens doivent bénéficier d’un traitement respectueux, conformément aux principes internationaux relatifs aux droits des personnes et aux relations entre États.
Son appel intervient dans un contexte où les questions de mobilité entre l’Algérie et la France restent particulièrement sensibles. Les sujets liés aux visas, aux formalités d’entrée, aux contrôles aux frontières ou encore à l’accueil des voyageurs alimentent régulièrement les discussions entre les deux pays.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités françaises ou algériennes n’a été enregistrée à la suite de cette publication. Les propos de Bachir Derrais ont néanmoins relancé le débat sur les conditions d’accueil des voyageurs algériens à l’aéroport Paris-CDG, un sujet qui continue de susciter de nombreuses réactions au sein de la diaspora et des usagers des liaisons aériennes entre les deux rives de la Méditerranée.







