Le 11 décembre 2025, la liquidation judiciaire du groupe Brandt a mis fin à l’activité de cette marque historique de l’électroménager en France, filiale du groupe Cevital. Cette décision a eu un fort impact, notamment sur ses 450 salariés, qui ont dû faire face à cette annonce brutale. Depuis, une vingtaine d’offres ont été déposées pour tenter de reprendre les marques emblématiques du groupe : Brandt, Sauter, Vedette et De Dietrich. La bataille pour la reprise est lancée, et les candidatures se multiplient.
Depuis la mise en liquidation de Brandt, le nombre d’offres pour sa reprise a explosé. En tout, ce sont 36 propositions qui ont été reçues, de la part d’acteurs du secteur de l’électroménager, mais aussi de fonds d’investissement. Ces propositions sont variées et visent à récupérer tout ou partie des marques du groupe. Parmi les plus remarquées, celle de Guillaume Favero, dirigeant du groupe CGV-Kitchen Chef, qui a exprimé son souhait de reprendre l’ensemble des marques historiques du groupe.
Ce groupe, bien plus modeste que d’autres candidats, a un objectif clair : se concentrer sur le petit électroménager et l’innovation, des domaines dans lesquels il a déjà fait ses preuves. Favorisant une gestion à taille humaine et une stratégie à long terme, Favero se positionne comme une alternative aux acteurs financiers qui voient dans la liquidation une simple opportunité d’investissement.
Des visions très différentes de la reprise
Les stratégies des candidats à la reprise de Brandt sont diversifiées. Tandis que certains cherchent avant tout à maintenir l’emploi et préserver l’activité industrielle, d’autres semblent avoir une approche plus financière. L’un des principaux concurrents dans cette course est Metavisio, via la marque Thomson. Bien que cette offre soit bien médiatisée, elle suscite des réserves chez Guillaume Favero. Ce dernier critique la structure du capital de Thomson, soulignant la présence de fonds d’investissement étrangers dans son actionnariat. Selon lui, cela pourrait entraîner une vente future des marques à des groupes étrangers, un scénario qu’il redoute.
À l’inverse, Favero mise sur une gestion plus locale et pérenne, en intégrant les salariés dans l’actionnariat. Son modèle repose sur l’idée qu’une entreprise doit grandir lentement mais sûrement, en plaçant l’humain au cœur du projet. Une approche qu’il oppose à l’aspect purement financier qu’il reproche à l’offre de Thomson.
L’avenir des marques Brandt
Si la partie gros électroménager semble hors de portée pour le groupe CGV-Kitchen Chef, Guillaume Favero ne cache pas son ambition de redynamiser les marques du groupe, en se concentrant sur des segments où il peut réellement apporter de la valeur ajoutée. Pour la marque De Dietrich, il prévoit de développer une gamme de robots culinaires, notamment des produits comme des airfryers, pour rivaliser avec les leaders du marché tels que Ninja. Quant à Vedette, il ambitionne de lancer des aspirateurs laveurs dotés d’intelligence artificielle, afin de se positionner face à des marques comme iRobot.
Bien que la production reste majoritairement réalisée en Asie, Guillaume Favero souhaite renforcer la fabrication locale. Grâce à un partenariat avec Roller Grill, un industriel français, il envisage de produire certains appareils de cuisson en Eure-et-Loir, préservant ainsi un savoir-faire local tout en profitant de la compétitivité des coûts de production asiatique pour d’autres produits.
Le tribunal de commerce de Nanterre aura la lourde tâche de décider, le 18 février 2026, quelle offre de reprise sera retenue. Dans un contexte où plusieurs acteurs se disputent la reprise, l’enjeu pour Brandt est de trouver un repreneur capable de garantir son avenir tout en préservant son héritage. La bataille est loin d’être terminée, et le choix de l’offre la plus solide pourrait marquer une nouvelle étape pour les marques de l’électroménager français.







