Un rapport confidentiel de la Police nationale, divulgué le 17 février 2026, révèle que le programme de régularisation des migrants en Espagne pourrait concerner jusqu’à 1,35 million de personnes. Ce chiffre dépasse largement l’estimation initiale du gouvernement, qui évoquait environ 500 000 bénéficiaires.
Le dispositif a été approuvé par décret royal en janvier 2026. Il prévoit une période de dépôt des demandes de trois mois, d’avril à juin 2026. Les candidats doivent prouver qu’ils résident en Espagne depuis au moins cinq mois avant le 31 décembre 2025 et présenter un casier judiciaire vierge.
Rapport de la Police nationale et projections
Le document a été préparé par le Centre national de l’immigration et des frontières (CNIF), qui fait partie de la Police nationale espagnole. Selon cette analyse, entre 750 000 et 1 million de migrants en situation irrégulière se trouvent déjà sur le territoire espagnol. Le CNIF estime que 200 000 à 250 000 personnes supplémentaires pourraient arriver ou se repositionner en Espagne pour profiter du programme.
Le rapport souligne le rôle de l’Espagne dans l’espace Schengen, où les contrôles permanents aux frontières intérieures sont limités. Les analystes signalent aussi un risque accru de fraude documentaire et d’activités liées au trafic de personnes à l’approche de l’ouverture officielle de la régularisation.
Conditions d’éligibilité et traitement des demandes
Pour déposer leur dossier, les candidats doivent prouver une présence continue en Espagne depuis au moins cinq mois avant la fin de 2025 et fournir un document d’identité ainsi qu’un casier judiciaire vierge.
Les demandes seront traitées par les Oficinas de Extranjería, les bureaux des étrangers présents dans chaque province. Les délais de traitement pour des procédures courantes atteignent actuellement environ six semaines. Le syndicat Central Sindical Independiente y de Funcionarios (CSIF) a demandé un renforcement des effectifs pour gérer l’augmentation des dossiers attendue.
Impacts sur le marché du travail en Espagne
Le Premier ministre Pedro Sánchez a expliqué que la régularisation vise à répondre à des besoins en main-d’œuvre et à pourvoir environ 300 000 postes vacants. Plusieurs secteurs emploient une part importante de travailleurs en situation irrégulière, notamment l’agriculture, la logistique, l’hôtellerie et les services à la personne.
Une fois régularisés, ces travailleurs pourront bénéficier de contrats officiels et de la couverture de la sécurité sociale. Les entreprises devront adapter leurs procédures pour intégrer ces salariés et assurer leur enregistrement administratif. Les dispositifs pour les travailleurs qualifiés, les transferts intra-entreprise et les nomades numériques continueront de fonctionner selon les règles existantes.
Réactions politiques et cadre européen
La mesure suscite des réactions variées dans le paysage politique espagnol. Le Parti populaire, principal parti d’opposition, a exprimé ses réserves sur la capacité des services publics à gérer le volume des dossiers. La Commission européenne a rappelé que les politiques de régularisation relèvent de la compétence nationale et a insisté sur la nécessité de maintenir les règles communes de l’espace Schengen.
Le programme débutera en avril 2026 pour une durée de trois mois. Les autorités espagnoles assureront le suivi des demandes et veilleront à l’application des critères définis par le décret royal.







