À partir de 2026, plusieurs pays européens élargissent l’accès au visa Schengen à travers des dispositifs pensés pour les travailleurs à distance. Ces mécanismes, déjà en place ou en cours de déploiement, redessinent les conditions de séjour légal en Europe pour les professionnels exerçant hors de leur pays d’accueil, sans lien avec le marché local.
Le travail à distance n’est plus marginal dans les politiques migratoires européennes. Depuis 2025, plusieurs États ajustent leur cadre juridique pour intégrer cette réalité, en créant des visas spécifiques ou des titres de séjour adaptés aux profils numériques. L’objectif affiché reste administratif, et ce, par l’encadrement des séjours longs de professionnels financés par des revenus étrangers.
Cette évolution concerne aussi bien des pays de l’Union européenne que des États voisins. En pratique, ces dispositifs permettent à des ressortissants non européens de résider légalement tout en conservant leur activité professionnelle à distance, sous réserve de conditions précises de revenus, d’assurance et de statut professionnel.
Un nouveau vol vers l’Europe via les visas pour télétravailleurs
L’élargissement de ces dispositifs agit comme un nouveau vol vers l’Europe pour les profils numériques cherchant une base stable sur le continent. La Bulgarie figure parmi les derniers pays à avoir officialisé ce mouvement. Elle avait prévu le lancement d’un permis de séjour pour nomades numériques en décembre 2025, avec une application complète en 2026.
Ce titre de séjour est conçu pour une durée pouvant aller jusqu’à un an, avec possibilité de renouvellement. Il s’adresse aux travailleurs à distance employés par des entreprises établies hors de Bulgarie, ainsi qu’aux indépendants disposant de clients étrangers. Les autorités exigent la justification d’un revenu mensuel minimum attestant de l’autonomie financière du demandeur.
La Bulgarie précise que ce permis autorise d’une part, la résidence sur son territoire et d’autre part, la circulation dans l’espace Schengen. Ce point constitue un élément central pour les professionnels souhaitant combiner activité à distance et mobilité régionale, sans multiplication des démarches administratives.
La Slovénie a, de son côté, déjà activé son visa pour nomades numériques fin 2025. Ce visa est valable sur l’ensemble de l’année 2026. Il repose sur une logique similaire : emploi ou activité indépendante exercée hors du territoire slovène, seuil de revenus mensuels à respecter, et durée initiale d’un an renouvelable.
Une particularité est prévue concernant la réunification familiale. Les membres de la famille peuvent rejoindre le titulaire du visa, mais les conjoints ou partenaires ne sont pas autorisés à travailler pour des entreprises slovènes locales. Cette précision encadre strictement l’impact du dispositif sur le marché du travail national.
Durées de séjour et conditions de revenus en Europe
La Moldavie a introduit un visa de longue durée pour nomades numériques en septembre 2025, avec une pleine entrée en vigueur prévue en 2026. Ce visa autorise un séjour d’un à deux ans, proposant une flexibilité supérieure à celle de certains États membres de l’Union européenne.
Les critères d’éligibilité reposent sur l’exercice d’une activité professionnelle à distance pour des entités situées hors de Moldavie. Un seuil de revenus minimum est également exigé. Bien que la Moldavie ne fasse pas partie de l’espace Schengen, ce visa facilite les déplacements vers plusieurs pays de l’Union européenne, selon les règles de circulation en vigueur.
Le Portugal et l’Espagne disposent déjà de dispositifs établis pour les travailleurs à distance. Le visa portugais permet aux télétravailleurs, indépendants et entrepreneurs de résider et de travailler jusqu’à un an, avec des renouvellements possibles pouvant atteindre cinq ans. Le cadre prévoit également des incitations fiscales spécifiques, appliquées selon le statut et la durée de résidence.
En Espagne, le visa pour nomades numériques autorise un premier séjour d’un an, renouvelable jusqu’à cinq ans. Les critères incluent la preuve de revenus suffisants et l’exercice d’une activité professionnelle principalement orientée vers l’étranger. Les grandes agglomérations comme Barcelone et Madrid concentrent une part importante des demandes, en raison des infrastructures numériques disponibles.
D’autres pays complètent ce paysage. L’Estonie maintient son programme d’e-résidence et son visa destiné aux entrepreneurs et travailleurs indépendants. L’Allemagne, quant à elle, n’a pas instauré de visa spécifique pour les nomades numériques. Cependant, son visa de travailleur indépendant reste accessible pour des profils installés notamment à Berlin ou Hambourg. La Croatie propose aussi un visa de séjour de longue durée pour les télétravailleurs disposant de clients étrangers.
Ces dispositifs, bien que distincts dans leurs modalités, reposent sur un socle commun, à savoir, une activité exercée hors du pays d’accueil, des revenus mensuels vérifiables et une durée de séjour clairement encadrée. À l’approche de 2026, la multiplication de ces cadres juridiques confirme une normalisation administrative du travail à distance en Europe, avec des règles désormais lisibles pour les candidats au départ.







