À compter du 1er mars 2026, les règles de majoration des allocations familiales évoluent pour les familles ayant des adolescents. Le décret publié au Journal Officiel le 29 février 2026 modifie l’âge à partir duquel la majoration est versée. Cette décision concerne les allocataires suivis par la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), organisme chargé de la gestion des prestations familiales en France.
Jusqu’à présent, les familles avec deux enfants percevaient une majoration des allocations familiales lorsque le plus jeune atteignait 14 ans. Pour les familles de trois enfants ou plus, cette majoration s’appliquait à chaque enfant dès son 14e anniversaire et pouvait être versée jusqu’à ses 20 ans.
À partir du 1er mars, la règle change. La majoration ne sera plus accordée à 14 ans, mais à partir de 18 ans, et elle restera versée jusqu’aux 20 ans de l’enfant. Concrètement, cela signifie que les familles ne toucheront plus cette somme supplémentaire pendant les années comprises entre 14 et 18 ans.
Une précision importante figure dans le décret : les familles dont l’enfant a déjà eu 14 ans avant le 1er mars 2026 continueront de bénéficier de l’ancien dispositif. Le changement ne s’applique donc pas de manière rétroactive.
Des montants variables selon les revenus
Le montant de la majoration des allocations familiales dépend du niveau de ressources du foyer. Il varie entre 18,88 euros et 75,53 euros par mois. Cette différence s’explique par le mode de calcul des prestations familiales, qui prend en compte les revenus déclarés.
Avec le décalage de l’âge de versement, certaines familles verront disparaître cette somme pendant quatre années. Pour les ménages les plus modestes, le manque à gagner peut atteindre 900 euros par an et par enfant. Sur la période allant de 14 à 18 ans, cela représente jusqu’à 3 600 euros.
Ce changement concerne uniquement la majoration liée à l’âge de l’enfant. Les autres éléments des allocations familiales ne sont pas modifiés par ce décret.
Une mesure inscrite dans le budget de la Sécurité sociale
Le gouvernement a présenté cette disposition lors des discussions sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Selon les chiffres avancés par l’exécutif, le report de la majoration devrait permettre de réaliser 210 millions d’euros d’économies dès 2026. À horizon de quatre ans, le montant annuel des économies attendues atteindrait 1,2 milliard d’euros.
Ces économies sont destinées à financer un nouveau dispositif : le congé de naissance. Ce congé entrera en vigueur le 1er juillet 2026. Il sera ouvert à chacun des deux parents pour une durée de deux mois. La rémunération prévue correspond à 70 % du salaire net durant le premier mois, puis 60 % le second mois. Le coût de ce congé est estimé à 600 millions d’euros par an.
Un contexte marqué par la baisse des naissances
La modification des allocations familiales intervient alors que les données démographiques font apparaître un recul des naissances. En 2025, 644 000 enfants sont nés en France. Ce chiffre représente une baisse de 2,3 % par rapport à 2024 et de 24 % par rapport à 2010. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis la Seconde Guerre mondiale.
Plusieurs associations familiales ont fait part de leur opposition à cette mesure. Elles estiment que le décalage de la majoration intervient dans un contexte de contraintes budgétaires pour les ménages.
Pour les familles concernées, le changement sera visible dès les versements effectués après le 1er mars 2026. Les allocataires peuvent consulter leur espace personnel sur le site de la CNAF afin de vérifier le montant actualisé de leurs droits.







