Les élections municipales françaises ont débuté le dimanche 15 mars 2026, avec la participation de près de 900 000 candidats répartis sur 50 000 listes. Parmi ces candidats, plusieurs sont de origine algérienne, représentant différentes sensibilités politiques, notamment des listes de gauche, indépendantes et écologistes.
Leur présence se concentre dans les zones où la population issue de l’immigration algérienne est plus importante, telles que Paris et ses environs, Marseille, Lyon, ainsi que certaines régions du nord et de l’est de la France. Ces candidats présentent des parcours variés et des engagements différents, mais tous participent à la vie politique locale avec l’objectif d’agir sur leur territoire. Ils ont été interrogés par Echorouk sur leurs motivations et sur l’influence de leur origine algérienne dans leur engagement.
Engagements des candidats d’origine algérienne
Salima Saadi, candidate sur la liste « Metz ensemble » dans la commune de Metz, au nord-est de la France, explique que son engagement découle de plus de vingt ans d’expérience dans la vie publique et le travail associatif. Elle déclare : « J’ai été en contact quotidien avec les habitants et leurs problèmes. Mon engagement est né du terrain et du travail associatif. Mon objectif est d’améliorer la vie de tous les habitants, la politique locale doit rassembler autour des questions quotidiennes ». Elle souligne que sa participation ne vise pas à représenter un groupe ou une communauté spécifique mais à répondre aux besoins de l’ensemble des citoyens de la commune.
Toufik Khiar, en tête de liste des « Écologistes » à Le Kremlin-Bicêtre, dans le département du Val-de-Marne, indique que son engagement est lié à sa ville. Il explique : « La politique municipale est la plus proche de la vie quotidienne des citoyens. Je refuse de réduire ma participation à mes origines, les parcours et les expériences diverses enrichissent la vie publique. Il est aussi vrai que la représentation de la diversité dans les institutions reste incomplète. La société française est multiple et il est important que les institutions locales reflètent cette réalité ».
Hamdani Amarouche, professeur et membre du Parti socialiste depuis 2016, candidat à Comb-la-Ville en Île-de-France sur une liste soutenue par les écologistes et la gauche, souligne l’importance de représenter la diversité locale : « Mon parcours personnel, avec un double diplôme français-algérien et une résidence en France depuis dix ans, peut envoyer un message à de nombreuses familles qui se sentent souvent peu représentées dans les institutions locales ».
Les condidats l’origine algérienne dans l’action locale
Ces candidats occupent une position particulière dans le contexte des relations diplomatiques entre la France et l’Algérie. Certains cherchent à contribuer à la compréhension entre les communautés, tandis que d’autres estiment que ce rôle dépasse leurs responsabilités en tant qu’élus locaux.
Salima Saadi précise : « Les relations entre l’Algérie et la France relèvent avant tout des États et de la diplomatie. Les élus locaux ne font pas la politique étrangère. Mais au niveau des territoires, nous pouvons contribuer de manière très concrète : le dialogue, la connaissance mutuelle et les échanges humains. Nos villes sont aujourd’hui des espaces où se rencontrent des histoires et des expériences. Par la culture, les associations, l’économie ou les coopérations locales, il est possible de créer des passerelles tangibles ». Elle ajoute qu’elle a participé à des initiatives reliant différents territoires, notamment autour de la Méditerranée et avec plusieurs pays africains, tout en précisant : « Je ne parle pas au nom d’une communauté ou d’un État. Je suis élue locale française et je travaille pour ma ville. »
Pour sa part, Toufik Khiar indique : « Les relations entre la France et l’Algérie sont complexes et parfois douloureuses, mais elles reposent également sur des liens humains, culturels et familiaux forts. Des millions de Français ont un lien direct ou indirect avec l’Algérie. Cela crée une responsabilité particulière pour ceux qui, comme moi, portent cette double culture. Je préside l’association de l’amitié franco-algérienne, qui rassemble des membres de la société civile ainsi que des élus locaux et nationaux. Depuis plus de quatre ans, nous organisons des rencontres et des initiatives visant à renforcer les liens entre les sociétés civile française et algérienne, notamment à travers des commémorations historiques à Sétif, Guelma et Kherrata ».
Hamdani Amarouche ajoute : « Ce sujet m’intéresse particulièrement dans le contexte actuel. Les relations franco-algériennes traversent une période de tensions importantes depuis 2024 : rappel des ambassadeurs, tensions sur le Sahara occidental, questions judiciaires et débats sur l’immigration. Certains observateurs qualifient la situation de la plus tendue depuis 1962. Cela est vrai, mais il existe également des signes positifs. Les élus locaux d’origine franco-algérienne peuvent agir sur le plan humain, en montrant que l’intégration est une réalité et en développant des liens culturels, éducatifs et associatifs entre les deux sociétés ».
Amarouch rappelle l’annonce conjointe des présidents français et algérien en 2022, qui proposait un partenariat autour de la jeunesse, de l’énergie et des échanges économiques. Il précise : « Ces ambitions restent valables et les bases sont présentes. Ce qui manque parfois, c’est l’impulsion humaine pour les mettre en œuvre. En tant que professeur et élu local, si les habitants de Comb-la-Ville me font confiance, je souhaite contribuer à ce que la France et l’Algérie se perçoivent clairement et que leurs intérêts communs soient pris en compte. Environ 10 à 12 % des Français ont un lien direct avec l’Algérie. Ce n’est pas une faiblesse, mais un atout, et j’ai choisi de le considérer ainsi ».







