Les étudiants étrangers en France vont devoir préparer des dossiers financiers beaucoup plus solides. À partir du 1er août 2026, le niveau minimal de ressources exigé pour un séjour étudiant sera relevé et indexé sur le SMIC.
La mesure ne concerne pas seulement les étudiants algériens. Elle vise plus largement les ressortissants de pays tiers, c’est-à-dire les étudiants étrangers hors Union européenne concernés par une demande de séjour pour études en France. Les candidats venus d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, du Sénégal, de Chine ou d’autres pays non européens devront donc suivre de près cette évolution.
Étudiants étrangers en France : un nouveau seuil proche de 880 € par mois
Le décret n° 2026-526 du 22 juin 2026 relève le niveau des ressources financières minimales exigées pour être admis au séjour en France pour motif d’études. Jusqu’ici, la référence administrative était fixée à 615 € par mois, un montant inchangé depuis plus de vingt ans.
Désormais, le seuil correspondra à 47 % du SMIC brut mensuel en vigueur au moment du dépôt de la demande. Avec un SMIC brut mensuel de 1 867,02 €, le montant à justifier atteint environ 877,50 € par mois.
Sur une année, cela représente près de 10 530 € de ressources à démontrer, contre 7 380 € avec l’ancien seuil de 615 €. L’écart dépasse donc 3 100 € sur douze mois. Pour de nombreuses familles, ce changement peut modifier en profondeur la préparation d’un projet d’études en France.
Les Algériens concernés, mais pas les seuls
Les étudiants algériens sont directement concernés dans la pratique, car leur parcours passe par Campus France Algérie, puis par une demande de visa long séjour pour études. La procédure « Études en France » reste une étape obligatoire pour obtenir l’attestation de fin de procédure exigée dans le dossier consulaire.
Mais l’information ne doit pas être réduite au seul cas algérien. Les étudiants marocains, tunisiens, sénégalais, ivoiriens, camerounais, chinois ou indiens peuvent aussi être touchés s’ils relèvent du régime des ressortissants de pays tiers. Le durcissement porte donc sur une large partie des étudiants internationaux qui souhaitent poursuivre leurs études dans les universités et écoles françaises.
Pour les Algériens, une nuance juridique demeure : leur statut en France est encadré par l’accord franco-algérien de 1968. Mais cela ne supprime pas l’exigence de présenter un dossier financier crédible au moment de la demande de visa et du séjour. En clair, les candidats algériens ont intérêt à anticiper le seuil le plus élevé pour éviter un dossier jugé fragile.
Ce qui change pour les étudiants étrangers en France
| Élément | Avant | À partir du 1er août 2026 |
|---|---|---|
| Seuil mensuel de ressources | 615 € | 47 % du SMIC brut mensuel |
| Montant estimé | 615 € | Environ 877,50 € |
| Budget sur 12 mois | 7 380 € | Environ 10 530 € |
| Écart annuel | — | Environ +3 150 € |
| Public visé | Étudiants étrangers hors UE selon situation | Ressortissants de pays tiers demandant un séjour pour études |
Visa étudiant : le financement devient un critère central
L’admission dans un établissement français ne suffit pas à obtenir un visa. Les autorités consulaires examinent aussi la capacité du candidat à financer son séjour. Attestation bancaire, garant familial, prise en charge, bourse, revenus réguliers ou preuve de logement peuvent peser lourd dans l’appréciation du dossier.
Ce nouveau seuil rapproche l’exigence administrative du coût réel de la vie en France. Le logement reste le premier poste de dépense, surtout à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Strasbourg ou Montpellier. À cela s’ajoutent les transports, l’alimentation, l’assurance, les frais de visa, les dépenses d’installation, le matériel universitaire et parfois un billet d’avion aller-retour.
Beaucoup d’étudiants étrangers comptent sur un emploi étudiant une fois arrivés en France. Mais ce revenu ne peut pas remplacer totalement les garanties exigées au départ. Il reste encadré, limité et souvent insuffisant pour couvrir seul l’ensemble des dépenses mensuelles.
Frais d’inscription : une autre pression à partir de la rentrée
Le budget mensuel n’est pas le seul sujet d’inquiétude. À partir de la prochaine rentrée universitaire, les frais d’inscription peuvent aussi devenir beaucoup plus lourds pour certains étudiants extra-communautaires.
La France applique déjà des droits d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers hors Union européenne. Pour l’année 2025-2026, les montants atteignent 2 895 € en licence et 3 941 € en master. Ces sommes sont très supérieures aux droits nationaux appliqués aux étudiants français et européens.
La vraie nouveauté vient surtout des exonérations. Jusqu’ici, plusieurs universités accordaient largement des exonérations partielles ou totales, permettant à de nombreux étudiants étrangers de payer des frais réduits. Le décret du 19 mai 2026 encadre désormais plus strictement ces exonérations.
Pour 2026-2027, les établissements pourront accorder des exonérations individuelles dans la limite de 30 % des étudiants concernés. Ce plafond passera à 25 % en 2027-2028, puis à 20 % à partir de la rentrée 2028. L’exonération ne pourra donc plus être considérée comme automatique. Elle dépendra de la situation personnelle du candidat, notamment de ses ressources, et de la décision de l’établissement.
Une admission ne vaut pas exonération
C’est un point essentiel pour les candidats étrangers : recevoir une admission via Campus France ne signifie pas automatiquement bénéficier d’une exonération des droits différenciés. L’étudiant doit vérifier, auprès de son université ou de son école, le montant exact des frais qui lui sera appliqué.
Pour un étudiant algérien, marocain, tunisien ou sénégalais, l’impact peut être important. Un projet qui semblait finançable avec une exonération peut devenir beaucoup plus coûteux si l’établissement applique les droits différenciés complets.
Avant de déposer un dossier, les candidats doivent donc vérifier trois éléments : le budget mensuel à justifier, les frais d’inscription réellement dus et la possibilité d’obtenir une exonération écrite. Sans ces garanties, le risque est de découvrir trop tard que le coût réel du séjour dépasse largement le budget prévu.
La rentrée 2026 impose ainsi une nouvelle méthode : calculer le coût complet du projet avant le visa, comparer les villes, demander une confirmation des frais à l’établissement et préparer un dossier financier plus solide dès les premières démarches.
FAQ
Les étudiants étrangers doivent-ils déjà justifier 880 € par mois ?
Non. Le nouveau seuil entre en vigueur le 1er août 2026. Avant cette date, l’ancien seuil de 615 € reste la référence administrative visible sur plusieurs pages officielles.
Quel est le nouveau montant à justifier ?
Le seuil correspondra à 47 % du SMIC brut mensuel. Avec un SMIC brut de 1 867,02 €, cela représente environ 877,50 € par mois.
Combien faut-il justifier pour une année complète ?
Sur douze mois, le montant atteint environ 10 530 €, contre 7 380 € avec l’ancien seuil de 615 €.
Les étudiants algériens sont-ils concernés ?
Ils doivent être prudents. Leur statut relève d’un régime spécifique, mais ils doivent présenter un dossier financier solide lors de la demande de visa ou de séjour étudiant.
Une admission universitaire suffit-elle pour obtenir un visa étudiant ?
Non. L’admission est nécessaire, mais les ressources financières, le logement et la cohérence du projet d’études sont aussi examinés.
Les frais d’inscription sont-ils inclus dans les 880 € ?
Non. Le seuil mensuel concerne les moyens d’existence. Les frais d’inscription, le logement, le visa, l’assurance et les dépenses d’installation s’ajoutent au budget.






