Des étudiants algériens inscrits ou candidats aux universités françaises redoutent de voir leur parcours remis en cause par la hausse annoncée des frais universitaires pour les étudiants étrangers. Dans plusieurs témoignages publiés par l’Union Étudiante, certains évoquent le risque d’abandonner leurs études, de perdre leur titre de séjour ou de devoir rentrer en Algérie.
Pour ces jeunes, la France reste une destination universitaire importante, mais leur situation financière demeure fragile. Entre le loyer, les transports, l’alimentation, les démarches administratives et les limites imposées au travail étudiant, une hausse des droits d’inscription pourrait suffire à faire basculer tout un projet.
Les étudiants algériens face à une grande pression financière
L’un des témoignages les plus explicites concerne un étudiant algérien qui affirme être major de promotion, mais qui pourrait devoir arrêter ses études si les frais augmentent. Il rappelle que les étudiants algériens ne peuvent travailler que 17 heures par semaine et qu’ils doivent obtenir une autorisation provisoire de travail, parfois après plusieurs mois d’attente.
« Je vais tout simplement devoir arrêter mes études alors que je suis major de promo, je suis dans l’incapacité total de payer ça même si je travaillait, les étudiant algériens ne peuvent travailler que 17h par semaine et ont besoin d’une ATP qui prend des mois à arriver alors que les autres n’en ont pas besoin, j’avais de grande ambitions je voulais faire les meilleures études possible mais cette loi vas stopper ça net et je ne pourrais même pas continuer mes études en Algérie car je les ai arrêter en venant en France », affirme-t-il.
Cette contrainte réduit fortement leur capacité à financer leurs études. Pour beaucoup, un emploi étudiant sert déjà à payer le minimum : logement, courses, abonnements de transport ou frais administratifs. Si les droits d’inscription augmentent, l’équilibre devient presque impossible à tenir.
L’étudiant souligne aussi une difficulté supplémentaire : après avoir quitté son cursus en Algérie pour venir étudier en France, il ne pourrait pas forcément reprendre facilement sa formation dans son pays. Un abandon en France risquerait donc de provoquer une rupture durable dans son parcours universitaire.
La peur de devoir tout quitter
Un autre témoignage met en avant le cas d’une étudiante algérienne de 18 ans, arrivée en France en septembre 2025 et inscrite en L1 à Aix-Marseille Université. Elle explique avoir choisi la France parce que les frais y étaient accessibles et parce que certaines aides existaient.
Aujourd’hui, elle dit travailler environ 18 heures par semaine, tout en ayant déjà du mal à payer son loyer et à se nourrir correctement. Si les frais universitaires augmentent et si les exonérations disparaissent, elle estime qu’elle ne pourra pas poursuivre ses études.
Sa crainte est aussi administrative. Sans inscription universitaire, elle pourrait ne pas renouveler son titre de séjour. Elle évoque alors le risque de devoir retourner en Algérie, avec la perte d’une année, de temps et d’argent.
» Je risque aussi de ne pas pouvoir renouveler mon titre de séjour donc je devrai partir, et retourner en Algérie dans ces conditions c’est très compliqué parce que je ne pourrai pas reprendre directement mes études. Ça voudrait dire que j’ai perdu une année, du temps et de l’argent, et ça aura un gros impact sur mon avenir. J’espère vraiment que cette décision ne passera pas et qu’on sera considérés comme des êtres humains à part entière, comme des étudiants comme les autres, on n’est pas riches ni privilégiés, juste des étudiants simples avec des familles simples qui font de leur mieux, » indique-t-elle.
Des frais à 3 000 euros jugés inaccessibles
La question des droits différenciés revient également dans le témoignage d’une personne encore en Algérie, engagée dans une procédure pour venir étudier en France. Elle explique avoir choisi uniquement des universités proposant une exonération, car payer près de 3 000 euros pour une licence serait impossible. Selon ce témoignage, cette somme représenterait en Algérie plus de 30 fois le SMIC. À cela s’ajoutent les frais de visa, le billet d’avion, le logement, la caution, l’assurance et les dépenses d’installation.
Pour l’Union Étudiante, la hausse défendue par le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, risque donc d’exclure les étudiants étrangers les plus modestes. Pour des étudiants algériens, elle pourrait transformer un projet d’études en France en impasse financière, administrative et humaine.






