En France, une soixantaine d’anciens salariés du groupe Brandt préparent une action en justice contre le groupe algérien Cevital, qui avait repris la marque en 2014. Selon leur avocat, Me Fiodor Rilov, les premières démarches doivent être engagées courant mai 2026.
Ces anciens employés contestent les conditions dans lesquelles Brandt a été placé en liquidation judiciaire en décembre 2025. Cette décision a marqué la fin d’une entreprise industrielle qui comptait encore plusieurs centaines de salariés en France avant sa fermeture.
Au moment de la liquidation, Brandt employait environ 700 personnes. Les activités étaient réparties sur plusieurs sites, notamment à Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d’Orléans, et à Saint-Ouen, dans le Loir-et-Cher. Ces usines faisaient partie d’un réseau industriel ancien, lié à l’histoire de l’électroménager en France.
Brandt regroupait plusieurs marques connues du secteur comme Vedette, Sauter et De Dietrich. Au fil des années, l’entreprise a changé plusieurs fois de propriétaire. Elle a d’abord été détenue par Elco, puis par Fagor, avant de passer sous le contrôle de Cevital en 2014.
Deux procédures judiciaires engagées contre Cevital
Les anciens salariés ne se limitent pas à une seule action. Leur avocat, Me Fiodor Rilov, indique que deux procédures distinctes sont en préparation. La première concerne les prud’hommes. Elle vise à contester les licenciements intervenus après la liquidation. Les salariés estiment que ces ruptures de contrat doivent être réexaminées au regard des circonstances de la fermeture de l’entreprise.
La seconde procédure sera portée devant le tribunal judiciaire d’Orléans. Elle cible directement le groupe Cevital sur le terrain de la responsabilité civile. Les plaignants estiment que certaines décisions prises pendant la période précédant la liquidation ont eu un impact sur la situation finale de Brandt.
Cevital est un groupe industriel algérien fondé par Issad Rebrab. Il est actif dans plusieurs secteurs, notamment l’agroalimentaire, la distribution et l’industrie. Le groupe a pris le contrôle de Brandt en 2014, dans un contexte déjà marqué par des difficultés économiques.
Selon les anciens salariés, la gestion de cette dernière phase d’activité doit être examinée. Leur avocat parle d’un contexte dans lequel la disparition de l’entreprise aurait pu être évitée selon certaines alternatives industrielles possibles.
Liquidation de Brandt et vente des actifs
La liquidation judiciaire de Brandt a été prononcée en décembre 2025. Elle a entraîné l’arrêt des activités industrielles et la fermeture progressive des sites en France. Pour les salariés concernés, cette décision a aussi mis fin à des années d’activité dans une entreprise qui faisait partie du paysage industriel français.
Après la liquidation, les actifs de l’entreprise ont été vendus. Les marques et les stocks ont été cédés en mars 2026 pour 18,6 millions d’euros au groupe Cafom. Ce groupe est spécialisé dans la distribution de produits pour la maison, notamment dans les territoires d’outre-mer.
Un autre acteur, le groupe VTX-B5 group-Jonas France, avait également proposé une offre de reprise. Cette candidature n’a pas été retenue. Le groupe a ensuite contesté la procédure en saisissant le procureur du tribunal de commerce, estimant que l’offre choisie n’était pas la plus avantageuse.
Dans ce contexte, les anciens salariés poursuivent leurs démarches judiciaires. Une réunion est prévue à Saint-Ouen, dans le Loir-et-Cher, afin d’organiser les prochaines étapes de la procédure. Les actions engagées contre Cevital s’inscrivent dans le cadre des litiges liés à la liquidation et à la gestion de la fin d’activité de Brandt en France.







