Le projet international de Cevital sous la direction de Issad Rebrab, ancien président-directeur général, représente l’une des tentatives les plus ambitieuses d’une entreprise algérienne à s’étendre à l’étranger. Entre 2015 et 2018, Cevital a développé deux projets sidérurgiques, l’un en Italie et l’autre au Brésil, qui n’ont jamais dépassé la phase de planification.
En 2015, Cevital a acquis l’aciérie Lucchini, située à Piombino, pour dix millions d’euros. L’investissement prévu pour moderniser l’usine et relancer la production d’acier spécial était de 400 millions d’euros. Le site devait créer plusieurs emplois et devenir un centre industriel européen pour Cevital.
Pour sécuriser l’approvisionnement en matières premières, Cevital s’est appuyée sur son expérience au Brésil. L’entreprise importait déjà du sucre brut depuis les ports brésiliens pour le raffiner à Bejaia. Cette relation commerciale a permis de créer une filiale locale au Brésil pour gérer la logistique et les contacts avec les fournisseurs.
Partenariat avec Vale et le projet de Marabá
En 2016, l’homme le plus riche d’Algérie a signé un accord avec Vale, société minière brésilienne, pour établir un complexe sidérurgique intégré à Marabá, dans l’État de Pará. La production prévue était de 2,7 millions de tonnes d’acier par an, avec un approvisionnement de 4,5 millions de tonnes de minerai fourni par Vale.
Le projet a été présenté au président brésilien de l’époque Michel Temer, et les élus locaux ont assisté aux réunions de présentation. Malgré ces annonces officielles, le projet n’a jamais été mis en œuvre sur le terrain et est resté au stade de maquettes et de documents préparatoires.
Obstacles financiers et administratifs
À Piombino, le redémarrage de l’aciérie de Rebrab a été retardé. Les hauts-fourneaux n’ont pas été remis en service rapidement, et les fonds nécessaires ont été bloqués ou ont tardé à arriver. La presse italienne a signalé ces retards et l’incertitude autour du projet.
En Algérie, la Banque d’Algérie a limité certains transferts de devises indispensables pour financer le projet. Le gouvernement dirigé par Abdelmalek Sellal, alors Premier ministre, a retardé l’attribution de certaines autorisations. Des tensions ont été rapportées entre Issad Rebrab et le régime du défunt Abdelaziz Bouteflika.
Le projet italien vendu à JSW Steel
En 2018, Cevital a vendu l’aciérie de Piombino à JSW Steel, entreprise indienne spécialisée dans la production d’acier. L’arrêt du projet italien a rendu le projet de Marabá non viable.
Le projet brésilien dépendait de l’existence d’une aciérie capable de transformer le minerai extrait localement. Après l’arrêt du site italien, l’extraction de minerai est devenue économiquement non viable. Les restrictions financières et administratives ont limité la capacité de Cevital à investir à l’étranger.
Après l’arrêt des projets internationaux, Cevital a poursuivi ses activités industrielles et alimentaires en Algérie. L’entreprise continue d’importer, d’exporter et de transformer des produits alimentaires et de développer ses filières industrielles sur le territoire national. Au niveau international, l’entreprise algérienne n’a pas eu beaucoup de succès.







