Les relations entre l’Algérie et l’Espagne poursuivent leur réchauffement. En recevant à Alger le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, le président Abdelmadjid Tebboune a évoqué une coopération renforcée dans plusieurs domaines, dont un sujet particulièrement attendu : la mobilité des personnes.
Une déclaration qui relance les interrogations sur une éventuelle simplification des déplacements et, à terme, des procédures de visa entre les deux pays. En effet, après plusieurs années de tensions diplomatiques, Alger et Madrid affichent leur volonté de consolider leur partenariat.
La visite officielle de Pedro Sánchez en Algérie, ponctuée d’un entretien avec Abdelmadjid Tebboune, marque une nouvelle étape dans ce rapprochement politique, économique et sécuritaire. Parmi les annonces faites à l’issue de cette rencontre, une phrase a retenu l’attention des voyageurs, des étudiants, des hommes d’affaires et de la diaspora : les deux dirigeants ont indiqué avoir examiné « les moyens de faciliter la mobilité des personnes ».
Espagne – Algérie : la mobilité des personnes devient une priorité
Lors de leur déclaration conjointe, Abdelmadjid Tebboune a expliqué que les discussions avaient porté sur plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’énergie, les énergies renouvelables, les investissements, les échanges commerciaux, la coopération judiciaire, consulaire et sécuritaire.
Le chef de l’État a également précisé que les deux pays avaient échangé sur la lutte contre la migration irrégulière, la traite des êtres humains et la criminalité transfrontalière organisée, avant d’ajouter qu’ils avaient également examiné les moyens de faciliter la circulation des personnes.
Cette formulation n’est pas anodine. Elle montre que les deux gouvernements souhaitent développer les déplacements légaux tout en poursuivant leur coopération contre les réseaux clandestins.
Des facilitations pour les visas entre l’Espagne et l’Algérie ?
À ce stade, aucune mesure concrète concernant les visas n’a été annoncée. Ni Alger ni Madrid n’ont évoqué une simplification des procédures consulaires, une réduction des délais ou un assouplissement des conditions de délivrance.
Cependant, l’objectif affiché de faciliter la mobilité pourrait ouvrir la voie à de futures discussions sur plusieurs sujets :
- une amélioration des procédures consulaires ;
- une fluidification des déplacements des hommes d’affaires ;
- davantage de facilités pour les étudiants et les chercheurs ;
- un renforcement des échanges touristiques ;
- une coopération accrue entre les administrations consulaires.
Cette orientation s’inscrit dans une logique de relance des échanges humains entre deux pays séparés par seulement quelques centaines de kilomètres en Méditerranée.
Une annonce qui intéresse les voyageurs algériens
L’Espagne figure parmi les destinations européennes les plus prisées des Algériens. Chaque année, plusieurs milliers de demandes de visas Schengen sont déposées auprès des consulats espagnols en Algérie, notamment pour le tourisme, les études, les affaires ou les visites familiales.
Les liaisons maritimes et aériennes entre les deux rives connaissent également une forte activité, en particulier durant la saison estivale. De nombreuses compagnies desservent les villes d’Alger, Oran, Béjaïa ou Annaba depuis Barcelone, Alicante, Madrid ou encore Palma de Majorque.
Dans ce contexte, toute évolution visant à faciliter la mobilité pourrait avoir un impact direct sur les voyageurs, même si les modalités restent encore à définir.
Un rapprochement entre Alger et Madrid
Au-delà de la question des déplacements, cette rencontre confirme la volonté des deux capitales de tourner la page des tensions diplomatiques qui avaient marqué leurs relations ces dernières années.
Les deux dirigeants souhaitent renforcer leur coopération dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment :
- l’énergie et les énergies renouvelables ;
- les investissements ;
- les échanges commerciaux ;
- la sécurité ;
- la justice ;
- les affaires consulaires.
Abdelmadjid Tebboune a également salué la coopération de l’Espagne dans plusieurs dossiers judiciaires, tout en appelant à poursuivre les efforts communs, notamment en matière d’entraide judiciaire.
Cette dynamique de rapprochement pourrait progressivement se traduire par de nouvelles initiatives destinées à faciliter les échanges entre les citoyens des deux pays.
Pour l’heure, les déclarations d’Alger constituent avant tout un signal politique. Si la perspective de facilitations pour les visas reste encore hypothétique, la volonté affichée de faciliter la mobilité des personnes laisse entrevoir une coopération plus étroite entre l’Espagne et l’Algérie dans les prochains mois. Les éventuelles mesures concrètes dépendront désormais des discussions engagées entre les autorités des deux pays.







